Auteur/autrice : Editions de l’Aire

  • Deux romans pour fêter le printemps

    Deux romans pour fêter le printemps

    Harry Koumrouyan et Christophe Gaillard

    Un vent printanier souffle aux Éditions de l’Aire. Deux romans importants viennent de paraître pour fêter le printemps. D’abord, un roman de Harry Koumrouyan: Courir dans les vagues. Une enquête du père qui conduit Simon Gautier, le héros du roman, à enquêter sur ce père mystérieux qui vit entre Genève et le continent américain. Suspens garanti!

     

    Le deuxième roman est de Christophe Gaillard: La glorieuse imposture qui se déroule pendant la Révolution française. Le héros principal, André Chénier, guillotiné par les siens, nous permet de découvrir d’autres figures comme celles de Robespierre, de Marat et de Charlotte Corday. Un roman foisonnant écrit avec maestria qui dépeint la France rebelle légendaire. À travers ces destins exceptionnels, on a l’étrange sentiment de lire les drames de la France contemporaine. Les peuples régicides ont paradoxalement besoin de couronner un roi. Pour décrire toutes ces contradictions, il fallait réunir l’érudition du professeur de Saint-Maurice et l’écrivain inspiré. Et Christophe Gaillard, l’une des plus belles plumes de ce pays, réussit admirablement cette gageure.

    Michel Moret

     

  • Adieu à Julien-François Zbinden

    Adieu à Julien-François Zbinden

    Les Editions de l’Aire ont le regret d’annoncer la mort de Julien-François Zbinden né en 1917. Il s’en va à l’âge de 104 ans. En février 2021, il nous a adressé par la poste divers fragments constituant en quelque sorte son testament philosophique. Sa vie fut d’une exceptionnelle richesse. Pianiste, il fut l’accompagnateur de Pierre Dudan, Bourvil et Juliette Gréco. Compositeur, on lui doit 112 œuvres (opéra, oratorio, symphonies, concertos) qui ne sont connues que par une poignée de spécialistes, même si elles lui ont valu des distinctions internationales. L’avenir lui appartient.

    Ces dernières années, il s’est adonné à l’écriture avec un talent certain. Ses livres publiés à l’Aire sont le fruit de réflexions personnelles et de souvenirs. Au journal «Coopération», il s’était confié d’une manière détournée en répondant à un mini-questionnaire :

    -Votre mot préféré : tendresse

    -Y a-t-il une vie après la mort : Dieu seul le sait et ce n’est même pas sûr.

    -Votre bruit préféré : le vent

    Dilettante en apparence, il avait réussi à concilier son amour de la vie et le travail. De Julien-François Zbinden, nous gardons le souvenir d’un artiste authentique mais qui observait notre société avec acuité.

    Nous retiendrons deux phrases dignes de figurer dans les dictionnaires des citations :

    • L’honnêteté : la seule règle de vie qui n’a pas d’exceptions.
    • L’élite ? Rien d’autre que la somme de ceux et celles qui ont le désir, puis la volonté, et souvent le courage de faire mieux !

    Michel Moret

  • Testament de deux entrepreneurs de la communication

    Testament de deux entrepreneurs de la communication

    Marc Lamunière et Pascal Vandenberghe
    Deux maîtres livres viennent de voir le jour à l’Aire. D’abord, il y a une promenade de Marc Lamunière qui revisite d’une manière philosophique sa vie d’entrepreneur de presse. Avec la complicité de Jacques Poget, il évoque les temps forts de son existence passée à la Grande Tour de l’Avenue de la Gare à Lausanne. Dans ce lieu, beaucoup de destins se sont joués. Psychodrames et exaltations ont cohabité. Derrière tous ces enjeux, il y avait le maître à penser: Marc Lamunière. Ce livre nous informe comment le décideur passait de la pensée à l’action. On y découvre ses passions esthétiques (Picasso surtout), littéraires et philosophiques. Montaigne, Spinoza, Comte-Sponville sont des auteurs qu’il lit et relit. Le Bouddha lui fait aussi quelques clins d’œil; cela lui permet de prendre une certaine distance avec ses compagnons de combat. Son titre «Le Jardin des piqûres» constitue une belle leçon de vie. Un livre qui, sans doute fera partie de notre patrimoine.
    Le deuxième livre que nous avons le plaisir d’offrir au public sert hautement la cause la lecture et par conséquent de la littérature. De Gaulle n’avait pas tort quand il disait que les Français sont moyens mais brillants dans les exceptions. Et Pascal Vandenberghe constitue l’une de ces formidables exceptions. Il le le confirme avec talent et passion dans «Le Funambule du livre» dans lequel il retrace les temps forts de sa vie de libraire. Mais Pascal ne fut pas toujours libraire. Provenant d’un milieu modeste marqué par des drames familiaux, le jeune Pascal a d’abord mangé son pain noir en Franche-Comté puis il a effectué diverses métiers sans noms en Allemagne, au Brésil comme les aventuriers. Un aventurier gueulard, bagarreur, provocateur Mais aussi un assoiffé de lecture pour comprendre qui il était. Et, sans sourciller, je rajouterai qu’il y a chez Pascal Vandenberghe un côté chevaleresque qui fait songer à Cyrano de Bergerac. Un homme qui se plaît à relever des défis insensés. De livres en livres, de femmes en femmes, de découvertes en découvertes, il a terminé sa course à Lausanne dans le sanctuaire des Librairies Payot qu’il a fini par acquérir, lui le jeune fauché qui avait toutes les raisons d’être un désespéré. Mais le livre l’a sauvé et maintenant il met sa folle énergie à sauver le livre. Un itinéraire exemplaire qui va donner énergie et inspiration à quelques jeunes d’aujourd’hui noyés dans le doute. Ainsi Vandenberghe justifie son prénom Pascal qui nous invite à nous réinventer et à renaître.
    Michel Moret
  • 2021 – L’année de toutes les opportunités

    Si l’incertitude règne dans la plupart des secteurs de l’activité humaine, il en va de même avec le destin des livres. Pourtant, nous avons quelques certitudes sur la valeur de nos prochaines publications, nous pensons au Jardin des piqûres de Marc Lamunière, qui, avec sagesse, évoque les temps forts de sa vie professionnelle, tissée de rencontres décisives. Passionné de philosophie, il jette un regard extra-lucide sur le comportement notre société.

    Un coup de chapeau à Pascal Vandenberghe, pétillant d’énergie et d’intelligence, qui nous offre avec talent et générosité : Le funambule et le livre. Comme on le devine, il s’agit d’un plaidoyer pour la cause du livre.

    Deux ouvrages qui vont marquer la vie médiatique et intellectuelle de Suisse romande!

    D’autres livres méritent le détour: Philippe Erard, qui nous présente un roman bien ficelé intitulé: Berthe Ruffieux.

    On ressort de l’ombre deux petits livres du styliste valaisan Raymond Farquet : Le Valais en pièces détachées et La lettre aux Bedjuis.

    En contrepoint, une note de poésie avec Laurence Verrey: L’ombre et l’ardoise.

    Sans oublier le maître nippon Taeko, qui annonce une brise de printemps avec ses deux récits érotiques: A la flamme d’une allumette, suivi de Une odeur de lessive.

    Le site vous donnera bientôt un complément d’informations sur d’autres nouveautés originales, notamment un petit ouvrage de Gilberte Favre: L’itinéraire de Rimbaud, suivi d’une Lettre à Philippe Rahmy.

    Nul doute que ces titres vous combleront de joie autour du feu.

    Michel Moret

  • Pierre Jeanneret, mémoires d’un homme ordinaire


    Pour le 21e épisode de son podcast « Lettres romandes », Julien Sansonnens a reçu l’historien Pierre Jeanneret. La discussion a porté sur ses mémoires Enseignant, historien et voyageur (Ed. de l’Aire), 2020. 

    Au sommaire de cet épisode :

    • Mémoires d’un homme ordinaire: pourquoi les publier ?
    • Une « enfance de riches »: milieu social bourgeois et engagements à gauche
    • Études de lettres à l’Université de Lausanne: accéder à l’emploi dans les trente glorieuses
    • La Guerre d’Algérie
    • Mai 68 en Suisse romande
    • Rupture avec le Parti socialiste et militantisme au POP
    • Dieu n’existe pas !
    • Nombreux voyages: pourquoi et comment voyager ?
    • Le Moyen-Orient des années 70, l’Asie
    • En guise de conclusion: qu’est-ce qu’une vie réussie ?
    • Quels sont les pièges de l’existence ?

    Vous pouvez écouter l’entretien en cliquant ici.

  • Adieu à Walter Weideli

    L’usage veut qu’un éditeur rende un hommage à un écrivain de valeur qui abandonne sa plume pour toujours. Souvent ces homélies se ressemblent mais pour Weideli, ça ne fonctionne pas. Traducteur important de Dürrenmatt et de Ludwig Hohl qu’il a fait connaître aux Francophones. Il fut aussi un dramaturge progressiste de valeur. Sans le vouloir, il fut le Brecht de l’Helvétie. Turbulent, il passa la dernière partie de sa vie avec sa femme Mousse avec qui il vécu en symbiose. Lorsque je lui ai rendu visite à Sainte-Innocence, d’emblée j’ai été frappé par la poésie des lieux. Epris d’absolu comme un grand adolescent, il vivait dans une belle maison où trônaient des livres, encore des livres. Mais une paroi était réservée aux photos de son amoureuse disparue. Un millier de photos de Mousse qui nous scrutait. Au rez, règne une paix au parfum d’éternité avec une tortue qui va et vient entre le jardin et le salon. Une tourterelle roucoule entre les silences de notre conversation. Alors qu’au premier étage, je découvris deux revolvers, l’un sur sa table de nuit, l’autre gisait dans un recoin de la salle de bains. L’ambivalence du personnage sautait aux yeux. Le sentiment que je retiens de cette visite, c’est d’avoir rencontré un authentique homme de lettres. Il me faisait un peu penser à Jacques Chessex avec ses brusques changements d’humeur. Les humeurs de Weideli étaient plus philosophiques et se manifestaient parfois avec un certain recul, notamment lors des relevés de droits d’auteur qu’il contestait systématiquement. Ses mises en doute étaient des accusations violentes et injustes. Comme Chessex, il accusait l’autre avant de connaître la vérité. Oui, je reconnais d’avoir été blessé injustement mais j’avais toujours l’impression que son attitude se situait à l’opposé de la sagesse. Cependant, j’ai le plaisir de l’entendre dire en 2019, dans une émission télévisuelle régionale. Oui, je reconnais que la vie n’a pas été injuste avec moi. Soit, mais les comportements de Walter Weideli m’interrogent toujours. Et je ne serais pas surpris que l’auteur de La Partie d’échecs emporte ses secrets dans sa tombe. Une seule certitude: ses pièces, ses prises de position et sa confession nous interpelleront toujours. C’est mon pari. 

    L’Aire Michel Moret

  • Alain Bagnoud, au micro de Julien Sansonnens

    Pour le 20e épisode de son podcast « lettres romandes », Julien Sansonnens a reçu l’écrivain Alain Bagnoud. La discussion a porté sur son roman La vie suprême (Ed. de l’Aire), prix Edouard Rod 2020. 

    Au sommaire de cet épisode :

    Présentation de l’auteur

    Un livre sur, ou autour de, Farinet: une figure valaisanne qui vous passionne ?

    Besse, un homme du XIXe issu du petit peuple, qui se met à rêver de grandeur, de reconnaissance et de fortune

    Un roman libertaire: quête de liberté dans un Valais catholique et conservateur

    Farinet: libertaire et libertin. Sources historiques du roman

    Porter un regard critique sur les lieux qu’on connaît: le rôle de l’écrivain ? L’écrivain a-t-il un rôle ?

    Chermignon et la question des clans villageois

    Couverture du livre: un Valais romantique et mythifié

    Un roman pessimiste ? Question de la passion, de la résignation et de la sagesse

    Réception du Prix Edouard Rod, le 10 octobre 2020

    Vous pouvez écouter l’émission en cliquant ici.

  • Sous le signe des 4 B

    Les nouveautés font le bonheur des lecteurs les plus curieux. Comme d’habitude, l’Aire lance une quinzaine de nouveautés : celles-ci sont accompagnées par des réimpressions très attendues : Traces de vie d’Alice Rivaz avec une préface très éclairante de Reynald Freudiger et un livre traduit de l’allemand qui retrouve une actualité particulière : L’épidémie de Lukas Hartmann retraçant les péripéties de la peste à Berne au XIVe siècle. Les deux titres précités paraissent dans la collection L’Aire bleue.
    Nous pouvons nous vanter d’avoir cette année quatre évangélistes auteurs de romans dont la qualité d’écriture n’échappera à personne. Un autre point commun : tous on un nom qui commence par B comme bonté et beauté. Le premier de la Bande des quatre s’appelle Didier Burkhalter, un homme qui a plus d’une flèche à son arc. Son roman Eteint ciel est un texte haletant sur le besoin de dépassement nécessaire pour affronter les drames de l’humanité.
    Dans un style complètement différent, Jean Billeter nous dépeint avec verve et panache le climat culturel et littéraire régnant sur les bords du Léman dans les années 70. Roman au vif et incisif. Son titre : Un roman suisse.
    Serge Bimpage revisite son passé avec ironie et sympathie dans Déflagration. Le temps où il voulait raser les Alpes pour voir la mer semble bien révolu. Notre regard sur la grande Histoire change inexorablement au fil des ans et il y a un moment où l’on préfère le ciel limpide au ciel nuageux. Tout cela ne se passe pas sans déflagrations. Si la vie est mystérieuse pour chaque lecteur de roman, Alain Bagnoud à l’apogée de son art nous propose La vie suprême où l’on découvre qu’une vie réelle peut être plus belle qu’une vie rêvée. Le roman, fraichement paru, a reçu le prestigieux Prix Edouard-Rod 2020 (suite au prochain numéro).
    Bonne lecture!

    PS: A signaler encore deux témoignages, Justice au cœur de Théo Buss et Une voiture rayée, c’est dérisoire de Anne Bottani-Zuber.

  • La Fête au livre

    Après avoir vécu un premier semestre particulièrement riche avec les romans de Marie Perny, Didier Burkhalter, Marielle Stamm, Raymond Delley, Julia Weber, Grégoire Müller, Alphonse Layaz, Gilbert Pingeon et les poèmes de Jacques Roman, Laurent Galley, Olivier Pillevuit, Arthur Billerey et André Petitat pour ne citer que les principaux, le deuxième semestre ressemble à un aigle à deux têtes. D’abord, il y a cette Fête des Vignerons dont la musique et les chants entrent dans nos bureaux. Deux livres relatent cet événement hors du commun: un récit rocambolesque de Philippe Dubath: Laura, une vache en liberté et surtout la Petite histoire de la Fête des Vignerons racontée par Balthazar le lézard , écrite par Yves Christen, un grand-père comblé. Un livre de charme dédié aux enfants avec des illustrations très poétiques de Ninosca Borel. Et prochainement, soit un mois après les festivités, les Editions de L’Aire ont le redoutable honneur de publier Le Livre Officiel Souvenir de la Fête des Vignerons 2019 signé par Philippe Dubath et par quatre photographes inspirés: Julie Masson, Céline Michel, Jean-Claude Durgniat et Samuel Rubio. La présentation de ce livre est compilée ci-dessous.
    La deuxième tête de l’aigle est symbolisée par notre rentrée littéraire. Quatre romans de qualité ouvrent les feux de cette rentrée d’août: il y a les stylistes, nous pensons à Corinne Desarzens qui a mis sa virtuosité au service de Fortunato Bartolomeo de Felice, créateur de l’Encyclopédie d’Yverdon en un roman intitulé: Le Palais aux 37’378 fenêtres. Nous sommes particulièrement heureux de publier l’une des plumes les plus fines de ce pays: Ivan Salamanca. Ce professeur de français japonisant, nous offre un roman inattendu: Les couvents d’eau claire qui met en scène le Pape Benoît XVI. Plus les connaissances de cet érudit grandissent, plus le doute s’empare de son esprit. Il fallait la grande culture et la délicatesse de touche de Salamanca pour aborder un sujet si complexe.
    Passionné d’histoire, Jacques Pilet fait revivre l’esprit des lieux d’un Hôtel de Glion en 1914 au moment où l’Europe des Empires se décompose. Dense et interne, tels sont les adjectifs qui conviennent à ce roman intitulé: Hôtel Belvédère. Ce mois d’août se terminera avec un premier roman prometteur de Sandrine Perroud: Les Esprits. Titre troublant pour un thème troublant: l’exploration du deuil. Un défi remarquablement relevé par cette jeune journaliste chargée de communication à l’EPFL qui s’aventure avec sûreté sur les chemins de l’écriture.