Fin d’année joyeuse et lyrique…

Fin d’année joyeuse et lyrique…

Ce mois de novembre couronne le travail de toute l’année avec des ouvrages de première importance : nous pensons à La Liste de Musy, de Jacques Allaman, qui lève un voile secret de notre histoire nationale. En effet, nous ignorions que Jean-Marie Musy, ancien conseiller fédéral et chef du département des Finances, connu pour son conservatisme et sa sympathie pour Mussolini, était paradoxalement un judéophile qui a sauvé 1200 Juifs des camps de la mort.

Dans le domaine politique contemporain, on ne peut passer sous silence l’ouvrage de Peter Bichsel, La démocratie totale. Avec J’oublierai Sarajevo, Mirela Bera et Philippe Jeanloz ont ouvert une nouvelle fois le dossier douloureux de la défunte Yougoslavie ; Pierre-Yves Maillard se penche quant à lui sur ses années de jeunesse dans un livre très prenant intitulé Un vélo pour Noël (à paraître). Qui était Pierre-Yves avant de devenir un animateur hors-pair de notre vie politique. Enfin, l’on ne peut oublier le petit livre d’un autre tribun de notre vie politique, François Cherix, qui ne perd pas une occasion pour nous rappeler que la Suisse se trouve au cœur de l’Europe : son libretto Éloge funèbre de Guillaume Tell fait déjà partie de notre patrimoine.

Plusieurs livres liés à des faits de société ont vu le jour, comme Cœurs battus, de Manon Leresche. Le problème du viol est également évoqué d’une manière romanesque dans L’Innocente, d’Anne Bornand. Marianna Gawrysiak, la psychothérapeute et gérontologue romande, a interviewé de nombreuses personnalités de toute sensibilité sur l’art de vieillir. Passent sur le grill Pascal Couchepin, Léonard Gianadda, Rosette Poletti, Ruth Dreifuss, Michel Bühler, Pascal Corminboeuf pour ne citer que quelques-uns. En 384 pages Marianna nous séduit par la finesse de ses analyses, dénotant un humanisme aussi souligné par son préfacier Jean Martin. De nombreux livres sortent sur ce thème, mais nous affirmons sans sourciller que cette Avancée en âge constitue un livre-clef dans le domaine.

Notre souci de la beauté se traduit par une présence permanente de la poésie. La déesse de la saison est incontestablement Sylvie Délèze, qui avec Le Ressac honore notre collection Métaphores. Nous apprenons au moment où nous écrivons ces lignes que le jeune poète de Nantua Quentin Dallorme vient de se voir attribuer le prestigieux prix Apollinaire Découverte, pour son recueil Plein sud. D’autres recueils de valeur vont lancer l’année 2023 comme ceux de Danielle Risse et d’Olivier Pillevuit. Soulignons aussi l’excellent travail effectué par la jeune directrice de la collection Sandra Wilhalm.

Dans le domaine du roman, nous sommes heureux de publier Fête des Pères (coédition avec Serge Safran), de Jean-Michel Olivier, encore auréolé du prix-Interallié.

La collection l’Aire bleue se distingue avec la publication du Chêne brûlé, de Gaston Cherpillod, un récit cher à notre cœur préfacé par Karim Karkeni. Après un itinéraire tortueux, Cherpillod atteint ici à l’universel.

Pour terminer cette année marquée par des drames écologiques, par l’inflation et par la guerre si proche de nous, il était indispensable que nous relevions la tête en célébrant la beauté. Deux livres d’art vont paraître incessamment : un ouvrage délicat au format de poche regroupant des aquarelles de Laurent Pizzotti intitulé Juste à côté, des illustrations inspirées par son environnement proche, à savoir la rue de la Grotte à Lausanne. Enfin, avec une ambition certaine, nous sommes heureux de publier un ouvrage d’art d’une haute tenue qui rend hommage au talent de l’artiste Hafis Bertschinger. Ses amis, Walter Tschopp, Jean-Robert Gisler et Chantal Esseiva, ont tenu à mettre en valeur son talent de sculpteur. L’édition de ce livre en couleurs est particulièrement soignée et brillera de tous ses feux sous l’arbre de Noël.

Michel Moret