Année : 2020

  • Pierre Jeanneret, mémoires d’un homme ordinaire


    Pour le 21e épisode de son podcast « Lettres romandes », Julien Sansonnens a reçu l’historien Pierre Jeanneret. La discussion a porté sur ses mémoires Enseignant, historien et voyageur (Ed. de l’Aire), 2020. 

    Au sommaire de cet épisode :

    • Mémoires d’un homme ordinaire: pourquoi les publier ?
    • Une « enfance de riches »: milieu social bourgeois et engagements à gauche
    • Études de lettres à l’Université de Lausanne: accéder à l’emploi dans les trente glorieuses
    • La Guerre d’Algérie
    • Mai 68 en Suisse romande
    • Rupture avec le Parti socialiste et militantisme au POP
    • Dieu n’existe pas !
    • Nombreux voyages: pourquoi et comment voyager ?
    • Le Moyen-Orient des années 70, l’Asie
    • En guise de conclusion: qu’est-ce qu’une vie réussie ?
    • Quels sont les pièges de l’existence ?

    Vous pouvez écouter l’entretien en cliquant ici.

  • Adieu à Walter Weideli

    L’usage veut qu’un éditeur rende un hommage à un écrivain de valeur qui abandonne sa plume pour toujours. Souvent ces homélies se ressemblent mais pour Weideli, ça ne fonctionne pas. Traducteur important de Dürrenmatt et de Ludwig Hohl qu’il a fait connaître aux Francophones. Il fut aussi un dramaturge progressiste de valeur. Sans le vouloir, il fut le Brecht de l’Helvétie. Turbulent, il passa la dernière partie de sa vie avec sa femme Mousse avec qui il vécu en symbiose. Lorsque je lui ai rendu visite à Sainte-Innocence, d’emblée j’ai été frappé par la poésie des lieux. Epris d’absolu comme un grand adolescent, il vivait dans une belle maison où trônaient des livres, encore des livres. Mais une paroi était réservée aux photos de son amoureuse disparue. Un millier de photos de Mousse qui nous scrutait. Au rez, règne une paix au parfum d’éternité avec une tortue qui va et vient entre le jardin et le salon. Une tourterelle roucoule entre les silences de notre conversation. Alors qu’au premier étage, je découvris deux revolvers, l’un sur sa table de nuit, l’autre gisait dans un recoin de la salle de bains. L’ambivalence du personnage sautait aux yeux. Le sentiment que je retiens de cette visite, c’est d’avoir rencontré un authentique homme de lettres. Il me faisait un peu penser à Jacques Chessex avec ses brusques changements d’humeur. Les humeurs de Weideli étaient plus philosophiques et se manifestaient parfois avec un certain recul, notamment lors des relevés de droits d’auteur qu’il contestait systématiquement. Ses mises en doute étaient des accusations violentes et injustes. Comme Chessex, il accusait l’autre avant de connaître la vérité. Oui, je reconnais d’avoir été blessé injustement mais j’avais toujours l’impression que son attitude se situait à l’opposé de la sagesse. Cependant, j’ai le plaisir de l’entendre dire en 2019, dans une émission télévisuelle régionale. Oui, je reconnais que la vie n’a pas été injuste avec moi. Soit, mais les comportements de Walter Weideli m’interrogent toujours. Et je ne serais pas surpris que l’auteur de La Partie d’échecs emporte ses secrets dans sa tombe. Une seule certitude: ses pièces, ses prises de position et sa confession nous interpelleront toujours. C’est mon pari. 

    L’Aire Michel Moret

  • Alain Bagnoud, au micro de Julien Sansonnens

    Pour le 20e épisode de son podcast « lettres romandes », Julien Sansonnens a reçu l’écrivain Alain Bagnoud. La discussion a porté sur son roman La vie suprême (Ed. de l’Aire), prix Edouard Rod 2020. 

    Au sommaire de cet épisode :

    Présentation de l’auteur

    Un livre sur, ou autour de, Farinet: une figure valaisanne qui vous passionne ?

    Besse, un homme du XIXe issu du petit peuple, qui se met à rêver de grandeur, de reconnaissance et de fortune

    Un roman libertaire: quête de liberté dans un Valais catholique et conservateur

    Farinet: libertaire et libertin. Sources historiques du roman

    Porter un regard critique sur les lieux qu’on connaît: le rôle de l’écrivain ? L’écrivain a-t-il un rôle ?

    Chermignon et la question des clans villageois

    Couverture du livre: un Valais romantique et mythifié

    Un roman pessimiste ? Question de la passion, de la résignation et de la sagesse

    Réception du Prix Edouard Rod, le 10 octobre 2020

    Vous pouvez écouter l’émission en cliquant ici.

  • Sous le signe des 4 B

    Les nouveautés font le bonheur des lecteurs les plus curieux. Comme d’habitude, l’Aire lance une quinzaine de nouveautés : celles-ci sont accompagnées par des réimpressions très attendues : Traces de vie d’Alice Rivaz avec une préface très éclairante de Reynald Freudiger et un livre traduit de l’allemand qui retrouve une actualité particulière : L’épidémie de Lukas Hartmann retraçant les péripéties de la peste à Berne au XIVe siècle. Les deux titres précités paraissent dans la collection L’Aire bleue.
    Nous pouvons nous vanter d’avoir cette année quatre évangélistes auteurs de romans dont la qualité d’écriture n’échappera à personne. Un autre point commun : tous on un nom qui commence par B comme bonté et beauté. Le premier de la Bande des quatre s’appelle Didier Burkhalter, un homme qui a plus d’une flèche à son arc. Son roman Eteint ciel est un texte haletant sur le besoin de dépassement nécessaire pour affronter les drames de l’humanité.
    Dans un style complètement différent, Jean Billeter nous dépeint avec verve et panache le climat culturel et littéraire régnant sur les bords du Léman dans les années 70. Roman au vif et incisif. Son titre : Un roman suisse.
    Serge Bimpage revisite son passé avec ironie et sympathie dans Déflagration. Le temps où il voulait raser les Alpes pour voir la mer semble bien révolu. Notre regard sur la grande Histoire change inexorablement au fil des ans et il y a un moment où l’on préfère le ciel limpide au ciel nuageux. Tout cela ne se passe pas sans déflagrations. Si la vie est mystérieuse pour chaque lecteur de roman, Alain Bagnoud à l’apogée de son art nous propose La vie suprême où l’on découvre qu’une vie réelle peut être plus belle qu’une vie rêvée. Le roman, fraichement paru, a reçu le prestigieux Prix Edouard-Rod 2020 (suite au prochain numéro).
    Bonne lecture!

    PS: A signaler encore deux témoignages, Justice au cœur de Théo Buss et Une voiture rayée, c’est dérisoire de Anne Bottani-Zuber.